Reportage 1/8 – Alain Forget, vice-président d’Agropur et conseiller exécutif sur le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

Publié le 19 mars 2021

Par Mélisa Tranchemontagne, technicienne aux communications

Dans une série de huit reportages à la ferme, découvrez des producteurs et productrices agricoles membres de Novago Coopérative qui brillent dans les hautes sphères de l’agriculture québécoise et canadienne.

Son parcours

Dans un premier temps, je suis producteur laitier et je m’occupe de la commercialisation de mon lait depuis que j’ai commencé à en faire. J’ai commencé par m’impliquer tranquillement au sein de mon syndicat des producteurs de lait, puis j’ai été nommé membre exécutif de la Fédération UPA Outaouais-Laurentides. J’ai aussi été vice-président des syndicats de base pendant près de trente ans.

J’ai également été administrateur de sociétés parapubliques, telles que Laval Technopole, et donc impliqué, pendant plus de vingt ans, dans le développement économique de ma région. Il y a sept ans, un poste s’est ouvert sur le conseil d’administration d’Agropur. J’ai été élu et j’ai gravi les échelons jusqu’à la vice-présidence.

Ses motivations

C’est parce qu’il y a des producteurs qui se sont impliqués au fil du temps que les plans conjoints sont toujours valables au Canada. S’il n’y avait pas eu cette implication importante de la part des producteurs, et ce, à tous les niveaux dans la hiérarchie et dans la structure, les plans conjoints seraient aujourd’hui disparus, comme à peu près partout dans le monde.

En termes d’économie régionale, c’est fondamental dans le développement du Québec. S’il y a un désintéressement des producteurs envers leur propre industrie, c’est tout le monde qui en souffre. Je sens que ça fait la différence d’être impliqué dans la mise en marché, d’avoir un rôle comme producteur et comme transformateur, car on est capable de générer et de comprendre ce qu’est un plan conjoint et d’en tirer tous les bénéfices en négociant collectivement.

Ses grandes fiertés

C’est une question difficile, puisque j’ai plusieurs fiertés. Créer le Syndicat de la relève agricole dans Lanaudière-Laurentides en est certainement une. Réussir à créer un zonage agricole avec Laval Technopole, qui fait en sorte qu’aujourd’hui on peut encore y faire de la production agricole, est aussi une très grande fierté.

Sur le plan syndical, c’est de partager l’information avec les autres producteurs et de les former pour qu’ils deviennent de meilleurs administrateurs.

Puis, chez Agropur, une grande restructuration s’effectue présentement : c’est majeur pour le bien collectif et c’est stimulant d’y contribuer. De l’extérieur, ça peut être difficile de bien comprendre les décisions qui sont prises, mais sur le long terme, je suis convaincu que les actions prises sont les bonnes.

Les défis de la pandémie

Oh oui ! La COVID-19 c’est toute une gestion du risque ! Le développement du marché est différent. Une partie de la décision de la vente de iögo a été motivée par ceci. En termes de développement de marché, il faut parfois prioriser. Certaines décisions peuvent paraître impopulaires, mais il faut penser à long terme.

Sur une note positive, la pandémie nous offre de nouvelles options et de nouveaux outils de communication qui nous permettront de mieux communiquer avec nos membres.

 

Ses conseils à la relève

La relève est d’une importance fondamentale. Mes deux fils sont impliqués avec la relève agricole dans la région Outaouais-Laurentides. Louis est aussi impliqué au sein du Syndicat des producteurs de lait.

Mon père aussi était un homme impliqué. Il nous a fait comprendre qu’il faut connaître et comprendre l’information pour savoir où on s’en va. Et ça, ça ne se fait que par la participation. L’implication est importante pour protéger ce qu’on a acquis et pour nous permettre de développer nos propres entreprises.